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Quelques statistiques
Harcelometre
Reportage
Eh bien, imagine cette personne reloue aux repas de famille qui, malgré tous tes signes pour changer de sujet, continue à te poser LA question gênante. Sauf qu'ici, ce n’est pas de la curiosité maladroite, c’est du non-respect pur et dur.
Le harcèlement de rue, ce sont tous ces comportements non sollicités et insistants : on dit “non”, on envoie des signaux clairs, mais l'autre persiste peu importe la réponse, qu’elle soit verbale ou non. Ce déséquilibre de pouvoir fait que l'auteur ne respecte pas les limites de l'autre, et impose sa présence ou ses commentaires.
Et ça ne se limite pas aux trottoirs : ça peut arriver dans les transports, les parcs, les salles de sport… Partout où l’on est en public, en fait. Sifflements, remarques déplacées, contacts physiques non consentis, exhibitionnisme… Bref, le spectacle est là, mais on n’a pas signé pour ce genre de show.
Ces comportements visent souvent les personnes en fonction de leur genre, de leur apparence ou même de leur façon de marcher.
La target number one ? Les femmes bien sûr ! Alors, elles finissent par adopter des stratégies de ninjas : elles changent de trottoir, évitent certains endroits, se fondent dans le décor, tout ça pour échapper aux interactions non désirées.
No no José, le harcèlement de rue, ce n’est pas la drague : contrairement aux rencontres sympa et consensuelles, ici, le respect du consentement est absent. Alors non, ce n’est pas “juste des compliments”, c’est bien cette insistance et ce manque d'écoute, qui transforme le tout en une atteinte à la liberté et à la dignité. Si draguer, c’est “vouloir plaire”, le harcèlement de rue, c’est imposer sa présence. Parce qu’on est d’accord, ce n’est pas le genre de chose qui rend la journée plus agréable.
La notion d’outrage sexiste, instaurée par la loi, vise à sanctionner toute remarque ou attitude à caractère sexuel ou sexiste qui porte atteinte à la dignité d’une personne, que ça soit par son caractère humiliant et dégradant ou par l’intimidation et le sentiment d’hostilité qu’elle provoque.
Bingo ! La loi prévoit pour cette infraction une jolie contravention de 4e classe, soit un billet de 750 euros, et même 1 500 euros si le contrevenant a bien abusé (genre si c’est envers une personne mineure, en groupe ou dans un lieu comme les transports publics). Et pour les plus motivés, un stage d’éducation à l’égalité est même au programme. Eh ouais, c’est comme Maurice, faut pas dépasser les bornes des limites.
Mais alors, comment ça marche ? Si un policier ou un gendarme assiste à une scène d’outrage sexiste, hop, il peut intervenir illico presto pour coller une amende au perturbateur.
Sinon, la victime peut toujours aller déposer plainte, au commissariat de son choix ou directement auprès du procureur compétent. Et petite précision : impossible de refuser une plainte, la loi l’interdit (c’est l'article 15-3 du Code de procédure pénale qui le dit). Témoignages, enregistrements, tous les moyens sont bons pour établir la vérité (même si l’auteur n’était pas au courant qu’on le filmait).
Disons que le bilan est un peu comme les résolutions de nouvelle année : l'envie était là, mais ça sera pour l’année prochaine…
Depuis que la loi est en place, environ 1 300 amendes ont été distribuées. Mais difficile de savoir combien d’entre elles résultent de flagrants délits et combien font suite à des plaintes déposées. On se demande aussi si, dans certains cas, une infraction plus grave aurait dû être retenue.
Bref, tout n’est pas encore au point, mais c’est un début, comme on dit, “Rome ne s’est pas faite en un jour”, et visiblement, la lutte contre l’outrage sexiste non plus !
de personnes (âgées de 18 à 74 ans) ont déclaré avoir déjà subi des violences sexuelles, physiques ou non physiques en 2021.
de violences sexuelles (commises par une personne sans lien familial ni conjugal) se sont signalées auprès des services de sécurité en 2023.
Situations dans laquelle la personne engage une discussion poliment, avec respect et bienveillance, sans geste ni regarde déplacé.
Situations dans laquelle les regards deviennent de plus en plus en insistant / des commentaires pouvant être limite, prise d'initiative non consentie par la femme.
Situation dans laquelle une personne se permet de sifler en pleine rue, klaxonner, suivre la personne jusqu'à son domicile, se permettre des réflexions déplacées sur le physique ou la tenue vestimentaire comprenant des sous-entendus physiques ou sexuels, ou encore opérer des gestes/comportements obscènes.
crédit : https://www.montreuil.fr/harcelement-de-rue
statistiques : https://www.vie-publique.fr/en-bref/293304-violences-sexuelles-envers-les-femmes-les-statistiques-pour-2023
seulement des personnes de 18 à 74 ans victimes de violences sexuelles hors cadre familial portent plainte auprès des forces de sécurité.
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